Tiraillements à l’intérieur de la cuisse, hanches qui manquent d’ouverture, gêne après une séance de sport ou une longue position assise jambes croisées : les adducteurs sont souvent en cause, et pourtant on les étire rarement. Ce groupe de muscles joue un rôle clé dans la mobilité du bassin et la stabilité des jambes. Voici comment les assouplir en douceur, avec sept exercices simples.
Les adducteurs, c’est quoi ?
Les adducteurs forment un groupe de muscles situés à l’intérieur de la cuisse. Ils relient le bassin (au niveau du pubis) à la face interne du fémur. Leur rôle principal : rapprocher la jambe de l’axe du corps (le mouvement inverse de l’écart), mais aussi stabiliser le bassin à chaque pas et participer à l’équilibre.
Quand ils sont trop courts, ils limitent l’ouverture des hanches, gênent les mouvements latéraux et peuvent tirer sur le pubis. Les assouplir améliore la mobilité de toute la zone du bassin et soulage la sensation de jambes « serrées ».
Pourquoi les adducteurs se tendent
La position assise, surtout jambes croisées ou serrées, les maintient raccourcis une bonne partie de la journée. Côté sport, les activités avec changements de direction (football, tennis, danse) ou les efforts répétés (course, équitation) les sollicitent fortement. Enfin, un simple manque de mobilité des hanches les laisse rigides avec le temps. Dans la majorité des cas, il s’agit d’un muscle court et tendu qui répond très bien à des étirements progressifs.
Avant de commencer : quelques précautions
On cherche une sensation d’étirement à l’intérieur de la cuisse, jamais une douleur vive au pli de l’aine ou au pubis. Une douleur aiguë et persistante dans cette zone, surtout chez le sportif, peut signaler une pubalgie ou une lésion qui demande un avis médical plutôt qu’un étirement forcé. Pour le reste, on progresse lentement, sans à-coups, et on respire pour relâcher le muscle.
Les 7 étirements des adducteurs
Tenez chaque position 30 secondes à 1 minute, en respirant amplement. Les adducteurs réagissent bien à la patience : on gagne en amplitude au fil des respirations, pas en forçant.

1. Le papillon (assis, plantes jointes)
L’étirement de référence pour les adducteurs. Assis, on joint les plantes des pieds devant soi et on laisse les genoux s’ouvrir vers le sol, dos droit. On rapproche ou éloigne les pieds du bassin pour ajuster l’intensité. Pour aller plus loin, on penche doucement le buste vers l’avant en gardant le dos long. Aucun appui des mains sur les genoux : on laisse la gravité faire le travail.
2. La fente latérale

Debout jambes très écartées, on fléchit une jambe et on tend l’autre sur le côté, pied à plat, pour étirer l’intérieur de la cuisse tendue. Les mains se posent au sol ou sur la cuisse fléchie pour l’équilibre. On reste bas et on respire. C’est un étirement dynamique et profond, qui travaille aussi l’équilibre et la mobilité des hanches.

3. La grenouille (au sol)
À quatre pattes, on écarte progressivement les genoux sur les côtés, tibias dans l’alignement, en descendant doucement sur les avant-bras. L’étirement, intense, se concentre à l’intérieur des cuisses. À aborder avec prudence et sur un sol moelleux : on s’arrête à la première vraie sensation et on ne cherche jamais l’amplitude maximale d’emblée.

4. L’écart assis, buste penché
Assis au sol, jambes tendues et écartées en V, on penche le buste vers l’avant en gardant le dos droit, mains qui avancent devant soi. On peut aussi se pencher vers une jambe puis l’autre pour varier. Cet étirement combine adducteurs et arrière des cuisses, et améliore l’ouverture globale des hanches.

5. La guirlande (squat profond)
Pieds écartés un peu plus que les hanches, on descend en squat profond, talons au sol si possible, et on pousse les genoux vers l’extérieur avec les coudes, mains jointes devant la poitrine. Très utilisée en yoga (malasana), cette posture ouvre les hanches et étire les adducteurs tout en mobilisant les chevilles. On glisse un coussin sous les talons s’ils décollent.

6. L’étirement allongé, jambes au mur
Allongé sur le dos, fesses près d’un mur et jambes tendues vers le haut, on laisse les jambes s’écarter lentement en V le long du mur, sous l’effet de leur poids. C’est la version la plus passive et la plus reposante : parfaite en fin de journée, elle étire les adducteurs sans aucun effort musculaire, en laissant simplement la gravité agir.

7. L’étirement debout, appui sur un support
Pour un étirement rapide sans descendre au sol : on pose un pied sur une chaise ou un rebord, jambe tendue sur le côté, et on se penche légèrement vers cette jambe. Pratique au bureau ou en cuisine pour défaire une position assise prolongée. On garde le bassin face à soi et on dose la hauteur du support selon sa souplesse.
Intégrer ces étirements au quotidien
Les adducteurs gagnent en souplesse par la régularité : quelques minutes chaque jour, idéalement après une marche ou une séance de sport, valent mieux qu’une longue séance isolée. Comme ils travaillent en équilibre avec l’avant et l’arrière de la cuisse, on a tout intérêt à les associer à nos étirements des quadriceps, à l’étirement du psoas et à nos étirements du bas du dos pour un travail complet du bassin et des jambes.
Questions fréquentes
Comment bien étirer les adducteurs ?
En ouvrant les hanches progressivement, sans forcer : le papillon assis et la fente latérale sont les plus efficaces. On cherche une sensation à l’intérieur de la cuisse, on respire lentement et on laisse l’amplitude venir au fil des respirations plutôt que de tirer d’un coup.
Pourquoi mes adducteurs sont-ils si raides ?
Le plus souvent à cause de la position assise prolongée, surtout jambes croisées, et d’un manque de mobilité des hanches. Les sports avec changements de direction les raidissent aussi. Des étirements réguliers, même brefs, redonnent de l’amplitude en quelques semaines.
L’étirement tire dans l’aine, est-ce normal ?
Une tension diffuse à l’intérieur de la cuisse, près de l’aine, est normale. En revanche, une douleur vive, qui pince ou persiste au repos, surtout chez le sportif, doit faire penser à une pubalgie : mieux vaut alors consulter plutôt que d’étirer en force.
Combien de temps pour assouplir ses adducteurs ?
Avec une pratique quotidienne de quelques minutes, on gagne en ouverture en deux à quatre semaines. Les adducteurs étant un groupe puissant, la progression est plus lente que pour de petits muscles : la constance compte plus que l’intensité de chaque séance.
